Nature en ville

Le rôle de la nature en milieu urbain et péri-urbain, dans le maintien de la diversité des espèces et des milieux adaptés aux contextes des villes, est de plus en plus mis en avant.

Etant donné la superficie de territoires recouverts par les infrastructures humaines, notamment celles liées à l’habitation, aux déplacements et au commerce, il fait sens de vouloir y maintenir et favoriser la biodiversité. De plus, dans ce contexte très fragmenté, l’aménagement de petits passages (corridors faunistiques) et de milieux refuges contribue à la mise en réseau de chaque surface (même petite), ce qui augmente fortement le potentiel écologique.

Une question de mesures d’entretien et d’aménagement

La plupart des mesures d’entretien bénéfiques à la nature sont faciles à prendre, car elles vont vers une diminution des interventions en nombre et en intensité. En effet, la nature s’épanouit dès qu’il y a moins d'entretien et un peu plus de laisser faire. Les intêrets sont multiples, et outre ceux concernant la biodiversité, les mesures extensives sont également bénéfiques en terme économique, en gain de temps et favorables au climat (lutte contre les ilôts de chaleur).

Les mesures d’aménagement, quant à elles, visent à augmenter l’offre en habitats (ressources alimentaires, abris, sites de nidification, type de substrats…) afin que de nombreuses espèces animales et végétales puissent trouver des conditions de vie favorables.

Une gestion différenciée est en train d’être mise en place au niveau des talus de routes et des surfaces communales. C’est pourquoi vous avez peut-être déjà pu apercevoir de la végétation un peu plus haute que d’habitude, ainsi que les panneaux illustrés ci-contre.

La gestion différenciée est un mode de gestion des espaces verts qui a pour but de varier et d’adapter la gestion et l’entretien en fonction du type de surfaces, des usages et des intérêts écologiques et paysagers. Elle peut se résumer ainsi : « Entretenir autant que nécessaire, mais aussi peu que possible ».

Les différentes étapes consistent tout d’abord à réaliser l’état des lieux des valeurs actuelles (flore, faune, milieux), à mettre en évidence les points forts et les points faibles, à définir les objectifs et à mettre sur pied un programme d’actions ponctuelles et d’entretiens, prenant en compte la sécurité des usagers. Cette dernière sera maintenue le long des routes, aux carrefours et aux giratoires, comme auparavant, grâce au maintien de fauches plus fréquentes au niveau des bandes de sécurité.

Cette gestion va également de pair avec le plan d’action biodiversité 2019-2030 du canton de Vaud, le plan climat vaudois et les préconisations de la Charte des Jardins. Les groupes d’espèces cibles sont notamment les abeilles sauvages et domestiques, les papillons et les orthoptères.

Mesures d’aménagement pouvant être prises dans son jardin

  • Plantation de haies vives d’arbustes indigènes. Selon les conditions de sol, de microclimat et d’exposition, plus de 40 essences différentes sont disponibles ;
  • Plantation d’arbres indigènes. Choix d’une quarantaine d’espèces indigènes, en plus des fruitiers haute-tige ;
  • Aménagement d’un petit plan d’eau d’environ 0.8 m de profondeur avec au moins une berge peu pentue (pente 1/5) pour les batraciens et les libellules ;
  • Aménagement de passages dans les clôtures et les murs afin que la petite faune comme les hérissons puisse passer d’un jardin à l’autre ;
  • Ensemencement de surfaces de prairies fleuries ou de gazons fleuris pour les insectes pollinisateurs ;
  • Aménagement dans un coin bien ensoleillé de tas de pierres (murgier) pour les reptiles ou de tas de sable pour les abeilles sauvages ;
  • Pose de nichoirs à oiseaux et à chauve-souris, des hôtels à insectes et des gites pour hérissons ;
  • Aménagement de surfaces perméables, plutôt que bituminées ou bétonnées, en pleine terre, grave concassée stabilisée, gravier, Limanat (matière argilo-calcaire) ou mélange terre-pierre pour les cheminements et en dalles alvéolées ou pavés ajourés pour les places de stationnement ;
  • Désimperméabilisation des surfaces inutilement imperméables ;
  • Végétalisation des toitures plates ;
  • Végétalisation des murs et des façades en laissant pousser des lianes indigènes : lierre, clématite, houblon… ;
  • Aménagement de murs en pierres naturelles non jointoyées ou de gabions comportant de nombreux espaces horizontaux plutôt que des murs en béton.

Mesures d’entretien

  • Objectif zéro phyto : ne plus utiliser de produit chimique dans son jardin (herbicide, insecticide, fongicide, anti-limace…) et avoir recours à des solutions naturelles ;
  • Entretien extensif des surfaces herbacées avec 1-2 fauche/an maximum avec une hauteur de fauche de 10 cm au minimum, mise en tas de l’herbe fauchée dans un coin du jardin ;
  • Conservation de zones refuges non fauchées de l’automne au printemps suivant, afin de permettre aux insectes d’hiverner dans les herbes hautes ;
  • Plantation d’espèces indigènes et suppression des plantes invasives de son jardin ;
  • Conservation des branches d’arbres d’un jardin à l’autre pour permettre le passage aérien des écureuils notamment ;
  • Conservation des vieux arbres sénescents ou morts qui sont importants pour les insectes qui mangent le bois et les oiseaux qui s’en nourrissent ou nichent dans les cavités ;
  • Laisser les arbres et arbustes se développer de façon naturelle dans la mesure de la place disponible ;
  • Taille des arbres et des arbustes de façon douce (pas de diamètre de plus de 10 cm), empiler les branches et les rameaux en tas dans un coin de jardin pour les hérissons ;
  • Aménagement d'un compost dans un coin de jardin qui sera accessible à la petite faune, comme les hérissons ;
  • En automne, si les feuilles mortes sur sa pelouse dérangent, aménagement d'un tas de feuilles dans un coin de jardin plutôt que d'amener à la déchetterie.

Attention, l'extensification des pratiques d'entretien peut favoriser les plantes invasives et indésirables, voir Plantes indésirables.

La charte des Jardins se veut incitative et non contraignante et a pour but de promouvoir les bonnes pratiques favorisant la biodiversité dans les jardins. 

Les différents thèmes d'action portent sur l'aménagement et l’entretien extensif des pelouses et de haies indigènes, l’aménagement de petites structures favorables à la faune (tas de bois, de feuilles, d'herbe ou de pierres), l'amélioration de la connectivité des jardins entre eux, le recours à des méthodes naturelles plutôt que l’utilisation de biocides, la réduction des éclairages au minimum pour diminuer la pollution lumineuse et la lutte contre les espèces invasives... (Charte des Jardins - 10 bonnes pratiques).

Vous aussi vous pouvez adapter des pratiques extensives dans votre jardin, selon la Charte, et recevrez l'emblème ci-dessous offert par la commune, témoignant de votre engagement moral à favoriser la nature et la biodiversité.

Suite à l'instructive conférence "Réinventons nos jardins", organisée en octobre 2020 par le Groupe Biodiversité de Mont Solidaire et l'Association de quartier"en Martines", 19 jardins supplémentaires de la commune ont adhéré à la Charte à travers le Groupe Biodiversité. Celui-ci propose de gérer les inscriptions de manière centralisée : biodivcjmontsolidaire(at)gmail.com.

Depuis fin 2020, la commune a, elle aussi, signé la Charte des Jardins et adaptera progressivement les aménagements et les entretiens des surfaces communales.

      Liste des arbres préconisés sur la Commune                                                              Liste des arbustes préconisés sur la Commune

ADMINISTRATION COMMUNALE

Rte de Lausanne 16
1052 Le Mont-sur-Lausanne

Tél: 021 651 91 91